site sur les Web campagnes et municipales 2014

Accueil du site Ideose

Créateur de communautés en ligne

« Mes propositions pour devenir un député 2.0″

Auteur :
|

L’étude « Les députés et Internet : profil du député 2.0 et palmarès » a été réalisée sur le mois de juin 2011 par Elus 2.0. Sur la base des résultats de cette étude, je donne dans cet article une série de propositions pour mettre en place une véritable stratégie Web pour les députés.

Etude sur la présence Web des députés français

Etude sur la présence Web des députés français

Propositions aux députés

Cet article s’inscrit dans l’esprit de cette étude : aider les députés à mieux maîtriser les enjeux et les usages du Web 2.0 pour leur action et communication politique.

Ainsi pour chaque service Internet analysé dans cette étude (sites, Facebook, Twitter…), une analyse de l’utilisation qui en est faite par les députés est proposée. Cette analyse est ensuite suivie d’une liste de propositions dont voici les liens d’accès direct :

Wikipedia : soignez votre biographie

Tous les députés ont une page sur Wikipedia qui a la forme d’une biographie avec photo (cf. la page « Wikipedia » de l’onglet Chiffres & Graphiques).

Ce qui est notable, c’est que plusieurs députés ne le savent pas ! En effet, selon les règles de Wikipedia, chacun peut créer une page sur une personnalité politique tel un député amis il est hautement recommandé de ne pas créer une page sur soi-même. Dans la majorité des cas, ce ne sont donc pas les députés eux-mêmes qui ont créé leur page Wikipedia.

Le problème pour ces députés ignorant l’existence d’une page Wikipedia sur leur vie politique, c’est que les moteurs de recherche affiche générallement en 1er résultat le lien vers cette page lors d’une recherche sur leur nom. Si son contenu n’est pas mis à jour ou s’il contient des éléments négatifs pour le député, de nombreux internautes s’en feront une mauvaise idée.

Propositions Elus 2.0 : chaque député se doit de vérifier régulièrement le contenu de sa page Wikipedia car c’est le 1er contenu proposé aux internautes. La gestion de leur e-réputation commence par là.

Sites : l’outil de base de la communication politique sur Internet

pourcentages de députés avec un site Internet (France, juin 2011)
pourcentages de sites de députés avec une zone de commentaires (France, juin 2011)
pourcentages de sites de députés avec des fonctionnalités de partage sur les réseaux sociaux (France, juin 2011)

Le site est le premier outil de diffusion d’informations sur Internet (au sens chronologique). Avec la possibilité aujourd’hui d’y ajouter des fonctionnalités de blog, de partage et de collaboration, le site – en tout cas pour la communication politique sur Internet – est (doit être) le premier outil de communication et d’intéraction avec les citoyens pour un député (près de 40 millions de français sont des internautes…). C’est le minimum requis.

De plus, il constitue d’un point de vue apprentissage des usages Web (ex. : le format des contenus postés et la manière d’écrire diffèrent du format institutionnel, donner la possibilité aux internautes de commenter…), une première étape idéale pour des personnes qui ne sont pas des natifs de l’Internet pour des raisons générationnelle (faible taux de renouvellement des politiques) ou culturelle (souhait de tout comprendre et maîtriser avant de faire, à la différence des habitudes anglosaxonnes).

Alors, pourquoi de manière quasi identique à gauche et à droite 116 députés (20%) n’ont pas de site Internet ?

Et pour ceux qui en ont un, seulement 10% peuvent être considérés comme des sites 2.0, c’est-à-dire des sites collaboratifs autorisant le partage et le dialogue avec les internautes (zone de commentaires, flux RSS et fonctionnalité de partage des articles sur les réseaux sociaux).

Les 3 points suivants sont d’ailleurs symptomatiques de cette situation (cf. la page « Sites » de l’onglet Chiffres & Graphiques) :

  • Commentaires : à droite, 71% des sites ne permettent pas aux internautes de commenter les articles (à gauche la tendance est inversée mais avec néanmoins encore 44% de sites ne l’autorisant pas).
  • Partage : 78% des sites ne possèdent aucune fonctionnalité de partage des articles sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter (pourcentage identique à gauche et à droite).
  • Newsletter : à l’inverse des pourcentages précédents qui symbolisent la non interacticité des sites des députés, il est positif de constater que 38% des sites possèdent une newsletter, c’est-à-dire l’outil de base de la communication politique. Si avec la constitution de bases de données qualifiées (mass emailing), cet outil continue à avoir un impact, c’est un outil qui est par nature non intéractif (Top-Down).

Propositions Elus 2.0 :

  1. Chaque député devrait avoir un site Internet 2.0, c’est-à-dire un site disposant d’une newsletter et autorisant les commentaires des internautes ainsi que le partage des articles sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter au minimum). L’ajout d’un flux RSS permettant aux internautes de s’abonner aux articles publiés sur le site serait un plus appréciable.
  2. Dans un second temps, les sites des députés devraient se doter d’un « Réseau Social Politique ». Il s’agit de fournir à la communauté des sympathisants et militants, tous les outils d’organisation de l’action politique locale. La nature technologique de ces outils est un réseau social « type facebook » installé sur le site Internet du député (des outils Open Source rendent aujourd’hui économiquement viable la mise en place d’un tel service).

Facebook : allez à la rencontre des français

pourcentages de députés avec un profil Facebook (France, juin 2011)
pourcentages de députés avec une page Facebook (France, juin 2011)

Avec plus de 750 millions de membres, Facebook est aujourd’hui la première communauté mondiale. 23 millions de français en sont membres et s’y connectent pour la moitié d’entre eux au moins une fois par jour (cf. les statistiques de Facebook).

Dans ces conditions, comment expliquer que 307 députés (54%) n’y soient pas présents et que 458 députés (80%) n’ont pas de page Facebook ? (Note : les poucentages droite/gauche sont similaires)

Les absents ont d’autant plus tort que ceux qui y sont ont en moyenne 1517 amis sur leur profil Facebook et 1580 fans sur leur page Facebook. Ces chiffres rapportés à un échelon local – et même si la transformation amis/fans en militants sur le terrain peut être faible – expriment le potentiel pour ces députés de diffuser leurs idées à un nombre important de citoyens (selon les statistiques de Facebook, chaque membre de Facebook ayant en moyenne 130 amis, un député avec 1580 fans peut toucher potentiellement 1580 x 130 = 205 400 personnes…).

Concernant les usages faits par les députés présents sur Facebook, il est notable que l’aspect social n’est pas encore maîtrisé (cf. la page « Facebook » de l’onglet Chiffres & Graphiques) :

  • Fréquence de publication : les députés publient peu de messages sur leurs pages facebook (11 en moyenne par mois, donc 1 tous les 3 jours). Cette faible fréquence de publication limite considérablement l’impact de leur présence sur Facebook (selon les statistiques de Facebook, un membre de Facebook publie en moyenne 90 contenus par mois).
  • Contenu des messages : la plupart des messages sont la reprise des articles du site Internet du député et des annonces d’évènements (article à venir dans tel journal, passage à la télévision à telle date…). Même s’il est naturel de publier en multicanal un même contenu (et donc aussi sur Facebook), les députés doivent davantage jouer le jeu de la conversation sur Facebook. Leurs amis et fans souhaient dialoguer, être sollicités sur des idées, donner leur avis et obtenir une réponse individuelle. En adaptant en plus les formats des contenus à ceux susceptibles d’être davantage partagés (du type vidéos par exemple), les députés pourraient ainsi réunir sur leurs comptes Facebook une communauté engagée d’internautes (utiliser l’outil d’analyse pour consulter les messages postés sur Facebook par les députés).
  • Applications Facebook : aucun député n’a mis en place de système d’intéraction sur sa page Facebook via une application. Ce système – très utilisé par les entreprises – permet tout d’abord d’obtenir de nouveaux abonnés à sa page (fans) puis d’obtenir des informations de contact. Des applications type sondage ou vidéo pourraient très bien être présentes sur les pages Facebook des députés et cela en cohérence avec leurs statuts de personnalités publiques. En quoi l’innovation en Web politique serait interdite aux députés ?

Propositions Elus 2.0 :

  1. Créer une page Facebook : chez les députés présents sur Facebook, beaucoup se contentent de gérer leur profil et n’ont pas de page Facebook. Cette erreur est certainement dû à une mauvaise connaissance de l’existence et du potentiel des pages Facebook en termes de fonctionnalités de création et de gestion d’une communauté (référencement sur les moteurs de recherche, statistiques, applications, landing page personnalisée, pas de limite du nombre d’abonnés à la différence des profils…). De plus, ils pourraient ainsi garder leur profil pour leur vie privée.
  2. Contenus & usages : les amis/fans attendent que ce soit le député qui publie lui-même sur sa page Facebook. Si cet usage (presque une règle) peut être adaptée (comme Barack Obama, indiquez que c’est votre équipe de campagne qui gère vos comptes sur les réseaux sciaux et que lorsque c’est vous qui publiez, vous signez vos messages par vos initiales), le style de vos messages doit être convivial. Il ne s’agit pas sur une page Facebook d’utiliser les formules convenues et polissées du langage politique. Poster des contenus sous un format adapté à Facebook (comme des vidéos) permet en particulier d’atteindre cet objectif.
  3. Applications :
    • Applications natives : à la création d’une page Facebook, des applications natives sont installées par défaut (statistiques de fréquentation, messagerie interne vers ses abonnés (fans), création et gestion d’évènements (agenda partagé), albums photos, vidéos, articles, forums…). Une nouvelle application native vient d’être proposée par Facebook. Il s’agit de Facebook Questions qui permet de poster sur son mur des questions à ses abonnés. Les députés doivent utiliser ce type d’application pour faire réagir leurs abonnés et ainsi dialoguer avec eux sur leur programme, tester des idées nouvelles et comprendre leurs beoins.
    • Applications à ajouter : en plus des applications natives, des milliers d’application sont disponibles gratuitement sur Facebook. Landing page (page par défaut s’affichant pour tout internaute non abonné à la page), application pour reprendre automatiquement tous vos articles blogs depuis vos flux RSS sur le mur de votre page Facebook, PicBadges.com pour créer un badge sur les photos des profils de vos fans, Twitter (reprise des tweets envoyés), YouTube (reprise des vidéos publiées), pages statiques (permet de créer toute type de page), pages dynamiques (permet de créer toute type de page)… toutes ces applications permettent de personnaliser votre page Facebook, d’inciter l’internaute à s’y abonner puis à partager son contenu. Les députés doivent vraiment entrer dans le monde Facebook et pas de se contenter d’y être présent juste pour la forme.

Twitter : occupez l’espace de l’information en temps réel

pourcentages de députés avec un compte Twitter (France, juin 2011)
nombre d'abonnés aux comptes Twitter (France, juin 2011)

Si Twitter rassemble nettement moins de français que Facebook (2,4 millions tout de même selon l’étude de Semiocast), il est nécessaire pour un élu ou un candidat politique d’y avoir son compte.

En effet, de très nombreux journalistes et influenceurs utilisent Twitter pour diffuser ou relayer des informations en marge des médias traditionnels (radio, télévision, journaux). La vitesse de diffusion des informations y est très rapide et celles qui font le buzz se retrouvent le soir même au journal télévisé ou dans le journal papier du lendemain. Ne pas y être présent, c’est prendre le risque de subir une information, de la laisser prospérer et de ne pas pouvoir y répondre en temps réel afin d’y mettre fin si elle est négative pour votre image.

Or, force est de constater que 451 députés (78%) n’ont pas de compte Twitter. (Note : les pourcentages droite/gauche sont similaires)

Pour ceux qui ont un compte Twitter, ils envoient environ 1 tweet par jour. Par ailleurs, alors que les députés de gauche ont en moyenne 1521 abonnés à leurs comptes (followers), les députés de droite en ont 2 fois moins (768) (cf. la page « Twitter » de l’onglet Chiffres & Graphiques)

En ce qui concerne les contenus des tweets, il s’agit la plupart du temps des liens vers leurs articles publiés sur leurs sites et d’annonces issues de leurs agendas. Il est tout de même à noter que les RT (retweet) et # (hashtag) commencent à être utilisés. En revanche, peu de députés répondent directement sur Twitter aux tweets où ils sont cités (utiliser l’outil d’analyse pour consulter les tweets envoyés par les députés).

Propositions Elus 2.0 :

  1. Créer un compte Twitter : par rapport aux sites Internet et même à Facebook, publier sur Twitter ne prend pas beaucoup de temps et peut avoir un impact très fort, en particulier grâce aux journalistes et influenceurs qui y sont présents. Dans un premier temps, en connectant votre blog et votre page Facebook à l’aide d’applications qui repostent automatiquement vos messages, poster sur Twitter vous prendra zéro seconde. Cependant, il faudra très vite y publier des messages à tonalité personnelle, répondre aux tweets vous citant et y dialoguer avec vos abonnés (followers) pour éviter d’être étiqueté « député -2.0″.
  2. Signer vos tweets : terminer vos tweets en laissant vos initiales quand c’est vraiment vous (député) qui tweetez. Le reste du temps, indiquez bien que c’est votre équipe de campagne (dans la bio de votre compte par exemple ou dans un article sur votre site). Depuis que Barack Obama a officialisé cette manière de faire, plus personne ne conteste le sens de cette organisation. Un seul mot : soyez transparent !
  3. Bio : indiquez vos mandats et votre localisation. Mettez également un lien vers le site central de votre stratégie Web (site ou page Facebook).
  4. Géolocalisation : indiquez dans vos préférences Twitter votre lieu pour permettre un meilleur indexation de vos tweets.
  5. Personnalisation de l’affichage : modifiez les couleurs par défaut de votre compte Twitter pour mettre celles utilisées dans votre site Internet et créez ainsi une cohérence visuelle pour l’internaute. Profitez de l’espace libre sur les côtés pour mettre un slogan, une photo et/ou des liens Internet.
  6. Live-tweet : proposer une « permanence » hebdomadaire où vous (député) serez présent derrière votre compte Twitter. Cette solution peut aider les députés qui savent par avance qu’ils ne seront pas chaque jour sur Twitter.
  7. Hashtag : créer un hashtag qui permettra à votre communauté de followers de marquer leurs tweets.
  8. PicBadges.com : créer un badge vous mettant en évidence et que vos followers pourront reprendre sur les photos de leurs comptes Twitter.

Foursquare et Google + : pour les députés innovateurs

Si l’équipe de campagne de Barack Obama vient de lui ouvrir un compte sur Foursquare afin de faciliter le suivi de ses déplacements, ce réseau social de la mobilité est encore peu développé pour les usages politiques.

De même, Google+, le nouveau réseau social de Google vient d’être lancé. Il ressemble davantage à Facebook. Si quelques députés ont ouvert un compte cet été (ex. : François Bayrou, Michèle Delaunay), il est compréhensible pour la majorité d’entre eux qu’ils se concentrent d’abord sur facebook et Twitter.

Propositions Elus 2.0 : la priorité doit être donnée à Facebook et Twitter pour la majorité des députés. Foursquare et Google+ ne peuvent venir qu’après avoir parfaitement intégré ces 2 réseaux dans sa stratégie Web.

Photos, vidéos et multimédias : formats stratégiques sur Internet

pourcentages de députés avec un compte vidéo (France, juin 2011)
nombre moyen de vidéos postées sur les comptes vidéos des députés (France, juin 2011)

Sur Internet et en particulier sur les réseaux sociaux, il ne suffit pas de publier fréquemment pour être lus et encore mieux, pour être compris. Il faut également trouver les formats adaptés aux usages des réseaux où ils sont postés et qui correspondant aux attentes des internautes.

Ainsi, les formats images et encore plus les formats vidéos et multimédias doivent être privilégiés (le multimédia peut être une animation Flash ou un simulateur permettant à l’internaute d’appréhender l’information d’une manière interactive et personnelle).

De nombreuses plateformes gratuites permettent d’héberger de tels contenus comme Flick pour les photos et Dailymotion/YouTube pour les vidéos.

Cependant, il est notable que les députés utilisent très peu les vidéos pour communiquer sur Internet. En effet, 391 députés (66%) n’ont pas de compte vidéo Dailymotion/YouTube et ceux qui en possèdent un, postent en moyenne 1 vidéo par mois.

Propositions Elus 2.0 :

  1. Créer des comptes photos et vidéos : avant même de créer une page Facebook et un compte Twitter, un député doit créer un compte photo et un compte vidéo (utiliser votre prénom et nom pour le titre des comptes afin de bien les référencer sur les moteurs de recherche). Ces comptes lui permettront d’héberger gratuitement ses contenus graphiques qu’il pourra alors reprendre sur son site, sur sa page Facebook et sur son compte Twitter. les internautes pourront également et facilement partager ces contenus sur leurs propres comptes.
  2. Répondre en vidéos : une technique politique de plus en plus utilisée aux états-unis est de répondre en vidéo à des questions envoyées par les internautes. Ce mode de réponse est plus convivial et rapproche le député de ses électeurs.

Application mobile : soyez en contact direct avec les citoyens

Permettre aux utilisateurs de smartphones de télécharger une application donnant accès en temps réel à tous les messages publiés par un député sur ses différents comptes Internet (blog, Facebook, Twitter…) est aujourd’hui une innovation économiquement réalisable. Une offre comme celle proposée par Elus 2.0 permet en plus d’envoyer des messages type SMS sur les téléphones ayant téléchargé l’application.

L’intérêt ? Pouvoir communiquer en direct avec la quasi-totalité des français !

Aujourd’hui, ce service n’est utilisé que par 4 députés (1%), certainement par manque d’information de son existence.

Propositions Elus 2.0 : suite à la création de leur site, de leur page Facebook et de leur compte Twitter, les députés devraient se doter d’une application téléchargeable sur les téléphones mobiles leur permmant de diffuser leurs messages et de mobiliser leur communauté à tout moment de la journée.

A lire aussi

Ajouter un commentaire